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Hesther Albach, Héroïne du surréalisme, Actes Sud, 2009

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Pour ceux qui se sont intéressés un peu à André Breton et au Surréalisme, l’ouvrage d’Hesther Albach est un ouvrage capital. Il parle de Léona Delcourt, une femme avec qui André Breton avait eu une relation bizarre en 1926, une sorte de mélange de sexualité, de rêve, de poésie. Nadja , paru chez Gallimard en 1928, est le récit de cette rencontre de quelques jours dans Paris. Mais les choses se compliquent quand on sait qu’André Breton corrigera son livre en 1963 [1] . On a recensé plus de 300 corrections entre les deux éditions, une des plus importantes est qu’il a supprimé la nuit qu’il passa à l’hôtel avec elle. Pourquoi Breton avait il cette nécessité de corriger le portrait qu’il avait fait de Léona ? Qu’est-ce qui le dérangeait dans la première version ? C’est dans celle de 1963 que la plupart d’entre nous ont commencé par connaitre cet ouvrage, et plus précisément dans l’édition du Livre de poche qui reprenait en couverture un dessin de Léona Delcourt qui se donnait ...

Sylvie Le Bihan, L’ami Louis, Denoël, 2025

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  Le sujet est bien entendu passionnant puisqu’il s’agit d’évoquer l’amitié qu’Albert Camus et Louis Guilloux ont entretenue durant de longues années. Louis Guilloux avait été marqué par la guerre de 14-18, natif de Saint Brieuc, c’est là qu’avait été enterré le père d’Albert Camus, mort à la guerre et que son fils n’avait pratiquement pas connu. Mais ces deux écrivains avaient aussi en commun de ne pas renier leurs origines très pauvres, prolétariennes si on veut. Camus d’ailleurs publiera un article sur la littérature prolétarienne comme un hommage à ces écrivains qui d’une manière ou d’une autre s’y étaient engagés. Il s’agissait d’une lettre ouverte à Maurice Lime [1] . Il s’agit ici d’un roman, Sylvie Le Bihan imagine une sorte de double qui aurait été attachée de presse pour Bernard Pivot et qui part à la recherche de Louis Guilloux et d’Albert Camus, entre Lourmarin, L’Isle-sur-la-Sorgue et Saint-Brieuc. Cette quête est jalonnée d’une sorte de portrait d’une jeune femme à ...

Réal Lessard, L’amour du faux, Hachette, 1988

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  La criminalité s’est de tout temps intéressée aux beaux-arts, soit pour voler les œuvres les plus chères, soit pour fabriquer des faux et les vendre aussi chers que des vrais. Évidemment le rôle des faussaires est déterminant. Il s’agit ici de faux tableaux qui ont assuré la fortune de Fernand Legros. Le sous-titre de cet ouvrage est La vérité sur l’affaire Legros. C’est d’abord une réponse de Réal Lessard à l’ouvrage de Roger Peyrefitte, Tableaux de chasse, ou la vie extraordinaire de Fernand Legros, paru chez Albin Michel en 1976 et qui avait été un énorme succès de librairie en son temps. Roger Peyrefitte, on se demande encore pourquoi aujourd’hui, était vraiment un très gros vendeur de papier imprimé. Parmi ses thèmes de prédilection il y avait une homosexualité revendiquée, ce qui à l’époque n’était pas si courant. Son ouvrage sur Legros qui tirait beaucoup à la ligne, était une retranscription essentiellement de ce que lui avait raconté le marchand de faux tableaux qui ét...