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Affichage des articles du juillet, 2026

La littérature des marges

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    À côté de la littérature noire qui a bien su gérer l’héritage de la littérature prolétarienne sans trop le dire, il existe une autre littérature de la marge, c’est celle des clochards et des routards. Ceux-là ne se contentent pas de critiquer le travail en régime capitaliste, ils nient la nécessité même du travail et ne revendiquent pas forcément de changer la société, même s’ils la trouvent mauvaises dans ses fondements. Aux Etats-Unis cette approche littéraire a été célébrée par les beatniks, Jack Kerouac [1] , Neil Cassady, Allen Ginsberg, et quelques autres comme Charles Bukowski, à travers une poésie et une écriture qui ne se voulait pas mercantile, elle ne le restera pas, mais elle nourrira par contre une contre-culture qui deviendra importante à la fin des années soixante aux Etats-Unis, puis en Europe et passera le relais de la révolte aux jeunes générations. En France il existe quelques auteurs vivant dans la marge qui ont, autour de la célébration du Paris d’ap...

Guerre, Louis Ferdinand Céline, [1932-34], Gallimard, 2022

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  J’avais hésité à lire ce petit texte, essentiellement à cause de la publicité grossière qui avait accompagné sa sortie. La publication de ce texte inédit de Céline a engendré des réactions diverses et variées. Les inconditionnels de cet écrivain douteux s’en sont réjouis, d’autres ont minimiser l’intérêt de sa publication. A bien y regarder cependant, cette publication ressort de l’épicerie éditoriale, et non de la littérature. La raison en est simple, c’est que contrairement aux éléments de marketing avancés pour le vendre, il s’agit manifestement d’un premier jet. C’est-à-dire que c’est un texte pas travaillé du tout. Soit ce sont des tombées d’un autre roman – ça peut être Guignol’s band ou même pourquoi pas des pages du Voyage au bout de la nuit qui auraient été rejetés par Céline lui-même, parce qu’elles n’ont pas trouvées leur place. C’est tellement mauvais qu’on dirait un pastiche du style célinien. Et d’ailleurs on remarquera que l’édition chez Gallimard a été accompagn...

Erika Ostrovsky, Céline, le voyeur voyant, Buchet-Chastel, 1973

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  Céline, du moins à partir de la fin des années soixante, a toujours été un sujet très vendeur. En effet, il présentait ce paradoxe d’apparaitre sulfureux et en dehors des clous, tout en étant admissible par le public bourgeois. Bien sûr à la Libération, son passé nazi ne permettait pas qu’on ouvre en grand les vannes de la célébration du « très grand écrivain ». Mais c’était en marche. La machine publicitaire s’est emballée après Mai 68 où la critique de la Résistance et de la Libération est devenue une posture admissible. Enfin en 1969 Gallimard a pu lancer sur le marché Rigodon, ce qui a entraîné une kyrielle de livres et d’articles sur le sujet. Certes avant on lisait un peu Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit, et les anciens pétainistes se délectaient des   « pamphlets » antisémites et orduriers de Céline sous le manteau, mais on s’en cachait plutôt. Au fur et à mesure cette campagne de promotion post mortem a produit ses fruits. Céline appar...