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Boualem Sansal, La légende, Grasset 2026.

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  Il est assez difficile de comprendre ce que représente ce livre. C’est un peu comme s’il y avait en fait deux Sansal, le premier est l’écrivain persécuté par un pouvoir complètement archaïque et débile qui l’a pris en otage et de l’autre un écrivain dont les qualités d’écriture ne sont pas exceptionnelles. Le premier bien entendu doit être soutenu jusqu’au bout, envers et contre tout, et les réserves de la canaille mélenchoniste à son endroit doivent être balayées. On peut avancer à ces imbéciles que quelles que soient les critiques qu’on peut faire aux positions politiques de Sansal cela n’est qu’une manière de se ranger derrière la réaction stupide d’un tyran. Et puis il y a donc l’écrivain. On peut discuter de son style à l’infini, cela ne changera rien au fait qu’il est légitime de publier son expérience malheureuse de la prison algérienne. Tous les crétins qui ont commencé à dire que cet ouvrage n’aurait pas dû être publié, ou alors à la rentrée, ce qui serait à l’origine ...

Relire Homère

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    Récemment le médiocre Roger-Pol Droit, dans un articulet commis dans Le monde [1] , avançait bien maladroitement que presque plus personne ne lisait Homère, et que son influence se faisait au fond sentir comme dans un rêve, à la discrétion des souvenirs. Il se trompait évidemment. On lit toujours Homère et les éditions de ses deux très longs poèmes se multiplient et se vendent régulièrement en France mais aussi dans tout l’Occident. Bien entendu c’est une lecture qui se diffuse lentement, mais de façon continue, et non à travers des tirages spectaculaires, mais elle n’est pas réservée, et c’est heureux, à des étudiants de lettres ou des érudits. Elle irrigue toujours les consciences, nonobstant son peu de « modernité ». Du reste les adaptations périodiques à l’écran de ces œuvres, souvent avec de gros budgets, renforcent cet intérêt chez les plus jeunes et les plus hardis. Troie, le film de Wolfgang Petersen sorti en 2004, a été un très gros succès public, L’Od...

Philippe Forest, Aragon, Gallimard, 2014

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  Le personnage d’Aragon, homme de lettres et militant communiste a suscité l’écriture de plusieurs biographies. Il y avait eu d’abord celle de Pierre Daix, publiée dans une première version du vivant d’Aragon en 1975 au Seuil, puis ensuite celle de Pierre Juquin en 2014 et en deux volumes aux éditions de La Martinière. La particularité de ces deux premières biographies résidait dans le fait qu’elles avaient été écrites par deux communistes défroqués et qui avaient bien connu Aragon, du moins dans sa longue phase de militantisme communiste. Daix et Juquin avaient été des propagandistes furieux du PCF, désignés comme staliniens au moment où, en décalage avec la jeunesse intellectuelle, ils restaient accrochés à la défense de l’URSS d’une manière particulièrement bouffonne. Leur coming out fit tout à fait pitié à voir. Ayant été des militants communistes furieux, ils devinrent par la suite des critiques encore plus furieux de leur ancien parti. C’est un peu toujours comme ça, ...

Hesther Albach, Héroïne du surréalisme, Actes Sud, 2009

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Pour ceux qui se sont intéressés un peu à André Breton et au Surréalisme, l’ouvrage d’Hesther Albach est un ouvrage capital. Il parle de Léona Delcourt, une femme avec qui André Breton avait eu une relation bizarre en 1926, une sorte de mélange de sexualité, de rêve, de poésie. Nadja , paru chez Gallimard en 1928, est le récit de cette rencontre de quelques jours dans Paris. Mais les choses se compliquent quand on sait qu’André Breton corrigera son livre en 1963 [1] . On a recensé plus de 300 corrections entre les deux éditions, une des plus importantes est qu’il a supprimé la nuit qu’il passa à l’hôtel avec elle. Pourquoi Breton avait il cette nécessité de corriger le portrait qu’il avait fait de Léona ? Qu’est-ce qui le dérangeait dans la première version ? C’est dans celle de 1963 que la plupart d’entre nous ont commencé par connaitre cet ouvrage, et plus précisément dans l’édition du Livre de poche qui reprenait en couverture un dessin de Léona Delcourt qui se donnait ...